LÉZÉKRAN – 1

Enfant, je passais des heures à regarder, sans bouger.

Je m’accroupissais devant une fourmilière, à les observer aller et venir avec leurs œufs, leurs trouvailles…

Je m’agenouillais près des mares, que la mer laisse en se retirant, pour voir des animalcules vaquant à leurs occupations de bestioles marines.

Je demeurais de longs moments, immobile, à scruter le gravier pour y trouver quelques fragments hétérogènes que la nature aurait oubliés dans son action aléatoire d’ordonnancement.

Je restais sans bouger devant la fenêtre, à fixer le bleu du ciel, les nuages, voire le soleil… euh… surtout le soleil, en fait. À m’y cramer les rétines ! Je braquais mes mirettes vers les ampoules à incandescence pour y distinguer les filaments de tungstène au travers de la lumière qu’ils irradiaient. Le « jeu » consistant à taire ma perception de la luminosité au profit de celle de la source. Idem avec les bougies, dont je fixais la flamme pour y distinguer la mèche.

Quoique je n’ai aucune idée de ce que mes rétines aient pu en garder, vu que jusqu’à présent elles ne s’en sont pas décollées.

Mes yeux en ont peut-être morflé ? Je n’en sais rien mais je suis devenue myope vers l’âge de dix ans et ce n’est peut-être pas étranger à cette « mauvaise » habitude, ou alors, peut-être que ma photophobie en serait la résultante ? (Mais non, de fait, puisque j’étais déjà photophobe à l’époque où je fixais aussi les points lumineux : paradoxe apparent mais trop long à expliquer et hors sujet ici). Mais peut-être aussi que la vie en zone urbaine et le fait d’aimer voir les choses jusqu’aux limites de mon accommodation en vision de près n’y sont pas étrangers.

Toutes ces activités « passives », j’aurais pu les vivre devant un écran, vu qu’il s’agissait de me gaver les yeux de données stockables dans les archives de ma tête. Et si j’avais eu, alors, accès à des outils audiovisuels et informatiques, aujourd’hui appelés « les écrans », il n’y aurait pas vraiment eu de différence.

 

LÉZÉKRAN !

Ô magie de la phonétique !

Quel chouette nom pour un démon !

Je vais l’appeler comme ça, ce nouveau gadget pour pigeons, que les discours catastrophistes mettent en émoi. Ce sera son petit nom démoniaque.

D’ailleurs, sans doute, observer le filament d’une ampoule à incandescence eut été bien moins traumatisant pour mes yeux si j’avais pu le voir sur un écran au lieu de fixer directement les ampoules.

J’imagine : un écran aurait très bien pu être matérialisé par un cadre que j’aurais pu tenir entre mes mains pour regarder toutes ces choses et me retrouver ainsi dans la situation de tous ces enfants affublés d’autisme virtuel.

La belle affaire ! Oui, oui ! Je suis devenue autiste à cause du démon Lézékran. C’est évident !

J’étais donc, avant l’heure et sans le savoir, déjà corrompue par Lézékran avant même la naissance de Lézékran !

Ce nouveau Moloch, avide de la chair fraîche renouvelée de ces enfants, qu’il appâte de ses candelas pour les engloutir dans la gueule béante de l’autisme ! Trrrremblez braves gens ! Lézékran viendra tirer vos enfants par les pieds, la nuit, pour les emmener dans le vortex infernal de l’autisme ! Aaaargh ! (Et arf ! Aussi).

Ben voyons…

C’est con tout ça. Car Lézékran n’avait pas encore touché ma génération de sa grâce que les autistes étaient parmi nous, déjà. Pas plus que pour les générations d’autistes qui m’ont précédée.

Alors il va falloir m’expliquer en quoi l’autisme pourrait être le rejeton monstrueux de Lézékran.

kermit.gif
Ou alors… Bigre ! En se livrant à des activités coupables sur des enfants, Lézékran aurait donc généré un bâtard nommé « autisme virtuel » ? Diantre ! Les parents seraient donc bien coupables ? Horreur !

Alors voilà. C’est pénible à dire j’ai l’impression de devoir réagir sur un sujet réchauffé, tellement imbécile, lancé par des imbéciles… que j’en suis excédée. Mais néanmoins, vu la confusion que ça semble avoir semé, il est important de ne pas laisser se propager la connerie.

Car si les écrans ne sont pas la cause de l’autisme, ne l’ont jamais été, ne le seront jamais… et dans la mesure où l’autisme virtuel n’a jamais existé, n’existera jamais… les dommages causés par la propagande « antizékrans » sont certains, eux.

Et le préjudice que ça représente, pour l’ensemble des autistes comme pour leurs proches, est immense.

Le danger « dézékrans », c’est la redondance des épouvantails que chaque époque s’ingénie à bricoler pour mieux asservir le péquin moyen.

On avait eu droit aux mêmes rumeurs dans les années cinquante et soixante avec les bandes dessinées, qu’on appelait encore alors des « illustrés ». Puis plus tard avec la TV et bien d’autres outils de communication. On a aussi eu droit à cela dans les années 1920 avec le téléphone, la radiophonie, qui furent accusés des pires effets, diabolisés.

Tous les médias audiovisuels y passèrent.

Mes parents furent donc coupables de m’avoir laissée, livrée à moi-même, avec des albums de Placid et Muzo, Pif Gadget… Car alors, Lébédés (un pote à Lézékran) était censé receler les mêmes dangers que ceux qu’on attribue maintenant à Lézékran.

Hier, la masturbation rendait sourd, maintenant Lézékran provoque l’autisme. Double effet Kiss Cool pour les cumulards de mon engeance !

À l’instar de ces camisoles conçues pour empêcher les enfants de se toucher, on veut maintenant mettre « les écrans » sous clef. « Pour leur bien ». Et tant qu’on y est, sachant que l’autisme existait bien avant Lézékran, il se pourrait bien qu’un jour, surgisse un fou furieux pour prétendre que la curiosité serait l’origine de l’autisme. Et en avant baillons et camisoles !

Appétit sexuel, appétit intellectuel, appétit visuel… La répression puritaine peut prendre mille visages, mais ses ressorts sont toujours les mêmes :  parents devant réprimer plaisir, joie, autonomie et curiosité chez leurs enfants.

Car si Lézékran est incriminé, c’est surtout du fait de sa dimension d’outil autonome, de « self service » où l’enfant explore et choisit par lui-même, pouvant ainsi potentiellement échapper au contrôle et au rationnement de l’information. Ceci dit sans négliger la nécessité de garder un œil sur ce que l’enfant explore, bien sûr.

Moi j’ai une autre théorie : le monde des écrans, par ses concepteurs, inventeurs, innovateurs… fut largement enrichi par la pensée autistique. Il serait donc bien plus logique d’affirmer que si Lézékran ne provoque pas l’autisme (ni même des symptômes de…), l’autisme, lui, est bien à l’origine des écrans.

Tout cela induit cet éternel mythe selon lequel les enfants seraient par nature corruptibles, « proto-malsains », potentiellement difformes, et qu’il faudrait les empêcher de maintenir ces « difformités » en grandissant. Alors il ne faut surtout pas les laisser s’adonner aux activités qui les passionnent. Car tout ce qui peut passionner un enfant est d’emblée suspecté de le corrompre. Les marottes éducatives changent au fil des époques, mais l’idéologie sous-jacente est toujours la même : les enfants sont des êtres liquides, gazeux… voire vides (concept de la page blanche) – dans leur corps comme dans leur esprit – qui doivent être contenus, rectifiés, formatés, moulés, remplis… et à la louche, comme les camemberts !

En remontant dans le temps, l’imprimerie fut elle aussi accusée d’induire des effets abominables dans le peuple, notamment chez les femmes – éternelles mineures – qui « devaient » absolument être tenues écartées du savoir. Or de tous temps, les tenants du pouvoir séculier comme « spirituel » ont tout fait pour mettre les femmes et les enfants à l’écart de la connaissance, sous couvert de les « protéger ». Ben voyons…

Revoyez un peu « Le Nom de la Rose », et vous y verrez un « Dr Lézékran » médiéval officier à sa façon pour le salut de ses frères en proie aux démons du rire via le savoir contenu dans les livres (ces écrans de papier). Lui aussi prétendait sauver les âmes des affres de l’enfer… en foutant le feu aux outils potentiels du développement de l’esprit critique.

Parce que le rire c’est vulgaire. Parce que rigoler, c’est spontané, naturel, instinctif, donc ça rapproche de l’animal dans l’entendement de Jorge de Burgos (l’ancien bibliothécaire du monastère, le vieux fou aveugle). Et qu’est-ce qui apporte la causticité critique dans l’esprit humain, sinon la connaissance ?…

Revenons à notre époque : comme il est devenu inconcevable de maintenir les femmes dans l’ignorance, à l’écart des livres, on s’attaque aux enfants : « oh ! Les pauvres chéris innocents ! Il faut absolument les protéger ! »… Alors on va inventer des maux causés par le démon Lézékran (parce que la phonétique du terme n’est pas innocente, dans le choix de sa formulation la plus gutturale), pour – tant qu’à faire – tenter de les maintenir à l’écart des sources les plus foisonnantes d’informations. Au  cas où ça pourrait les rendre plus instruits, futés, et donc moins dupes.

Alors on va, par tous les moyens possibles et surtout les plus tordus, en jouant sur la culpabilité parentale notamment, inventer un nouveau syndrome : l’autisme virtuel (plouf-plouf ‘tadaaaa !). Voilà une idée de truc flippant qu’elle est bonne !

Là, ce n’est pas le rire qui est visé (comme c’était le cas dans « Le Nom de la Rose »), mais c’est encore une source de joie, de plaisir. Tout plaisir étant jugé coupable, un enfant qui prend du plaisir à interagir avec un écran (c’est-à-dire un terminal informatique) doit en être écarté. Sinon, malheureux pécheurs… votre enfant sera damné !

Par des pirouettes sémantiques, on remplace le plaisir d’interagir avec un terminal informatique par une notion d’addiction : « Non, non ! L’enfant n’est pas heureux, là. Il est drogué, intoxiqué, dépendant, c’est horrible ! » On a procédé, là,  à un glissement sémantique des éléments du vocabulaire de la toxicologie vers le domaine de l’audiovisuel.

Et quoi de plus pratique que l’autisme, à présenter comme substitut profane à la damnation chrétienne ? Mmmh ?

Mais ce n’est pas tout…

Quand on a un tant soit peu de connaissances en histoire de l’art, on connaît la chanson, et ça ne prend pas. On distingue clairement, dans cette histoire d’écrans diabolisés, l’escroquerie intellectuelle dans toute sa splendeur. Pour ne pas dire : l’escroquerie, tout court.

De tous temps, l’image a fait peur, a fait paniquer les masses via les autorités, les pouvoirs qui en maîtrisaient les effets sans partage. Et c’est aussi vieux que l’histoire… Le tabou de l’image, de la représentation, de la narration via le canal visuel… a toujours (aussi) été la marotte des pouvoirs, qu’ils soient religieux comme profanes, visibles ou occultes, économiques ou politiques… Les canaux de connaissance (arts visuels dont photographie, outils de communication, technologies numériques…) ont toujours inquiété les puissants car ces outils apportent la connaissance jusqu’aux masses populaires dont ils eussent bien aimé qu’elles restassent dans l’ignorance (merci de respecter la jubilation que me procure par intermittence l’emploi de l’imparfait du subjonctif, siouplait)*.

De tous temps, le pouvoir s’est construit sur le secret, sur sa non divulgation et sur le maintien des classes subalternes dans l’ignorance. Parce que savoir sans partage, parce que la mainmise qu’on exerce sur le savoir en le distillant au compte-goutte, c’est l’assurance de s’arroger une forme de pérennité du pouvoir.

Instruire et éduquer les enfants, oui. Dans le discours, du moins. Car (mais) de façon calibrée, via les programmes scolaires encadrés, au compte-goutte. Pas question de laisser les enfants nourrir leur curiosité insatiable, leurs désirs, leurs choix, par eux-mêmes. La curiosité des enfants doit être nourrie au goutte-à-goutte ; ne surtout pas les habituer à apprendre selon leur rythme. Alors on va déclarer que Lézékran est l’ennemi du libre arbitre, histoire de bien embrouiller le public.

Diaboliser :

l’éternel outil d’intox qui marche à tous les coups.

Or quoi de plus « connaissant » qu’un individu ayant appris, dès sa petite enfance, à manier un outil d’information ?

Quoi de plus « dangereux » qu’un public capable de repérer les hiatus entre les discours qu’on lui impose et la connaissance des faits réels ?

Et un enfant qui apprend dès son plus jeune âge à se servir des outils de connaissance que sont les terminaux des réseaux de communication – c’est à dire Lézékran (Tremblez braves gens !) – deviendra un adulte bien plus difficile à berner que ceux qui n’auront pas été aguerris aux rouages et aux pièges de l’information véhiculée par l’image et donc en l’occurrence : les outils informatiques et numériques (et non pas « les écrans » !).

Aussi, l’emploi du mot « virtuel », à toutes les sauces, pour n’importe quelle forme d’interaction via l’outil informatique n’est pas innocent non plus. Ce mot, passé dans le langage courant (novlangue) sous connotation péjorative, et dans une acception plus que « limite » sur le plan sémantique, demeure maintenant collé à l’outil informatique et au réseau Internet comme une grosse bernique sur le rocher après la marée. Le mot « virtuel » est tellement « ventousé » aux « zécrans » que plus personne ne songe à remettre son usage en question. Pourtant, si on y réfléchit : prétendre que ce qui passe via l’interaction entre l’individu et tout objet (application, site web, jeu) ou personne (internautes, contacts) au travers d’un terminal informatique est « virtuel »… n’a pas de sens.

L’usage qu’on fait du terminal informatique n’est pas virtuel, de même que les interlocuteurs avec qui on communique à distance : ils ne sont pas virtuels (ce sont des gens « en chair et en os »), de même que les jeux : ils ne sont pas virtuels non plus, puisqu’on peut y jouer (ce serait virtuel si ce n’était que théorique, à mon sens). En fait, c’est l’usage du mot « virtuel » qui est virtuel : c’est une vue de l’esprit.

Quand une personne use du mot « virtuel » pour désigner ces canaux de communication (et donc ses effets), elle n’a pas conscience de la virtualité des divers sens de son propos. C’est un peu comme théoriser une théorie, ou encore comme prétendre voir une vision… C’est noyer le poisson.

Comment peut-on en arriver à de telles torsions perverses du langage ?

C’est là qu’on peut sérieusement se questionner sur les appuis politiques et médiatiques dont ces théories et leurs propagandistes bénéficient. Comment se fait-il qu’une inconnue aussi banale dans son discours comme dans sa présentation, avec une théorie aussi fumeuse et bête, trouve tout à coup une telle audience ?

Là est la question.

La question n’est pas de se demander si son délire est recevable ou pas, mais de se demander POURQUOI « comme par hasard » ça fait le buzz si soudainement.

L’autre question est de se demander à qui profite cette propagande. Et là, on se rend compte qu’il existe pas mal d’intérêts en jeu dans les différents rouages de notre société. La liste est potentiellement longue, il y a de quoi creuser.

En tous cas, tous ces « Vade-retro-Lézékran« , proclamés sur les médias par des intervenants ignares, ne tiennent pas la route. Ce sont sans doute les « idiots utiles » d’un dessein plus vaste.

Cette histoire qui défraie la chronique ne fera pas long-feu. La riposte est engagée et les citoyens offensés par ces discours ne lâcheront rien : c’est le parcours de toute leur vie qui est en jeu. Ce parcours d’efforts et de souffrances, qui a consisté – et consiste encore – à sortir les autistes du monde asilaire, du domaine de la pathologie et des psychoses, à soulager leurs mères de la réprobation, des accusations, de la répression et de la culpabilité… à lutter contre les clichés toxiques qui entourent l’autisme. C’est une guerre sans merci que nous devons mener pour nettoyer le discours sur l’autisme de toutes ces scories nauséabondes issues de la doctrine psychanalytique, des Bettelheim et consorts… Alors les promoteurs de « l’autisme virtuel » ont intérêt à se calmer, de même que leurs groupies crédules, car si l’imposture est déjà démasquée, toutes ces personnes s’exposent au risque de se noyer dans le ridicule. Ceci dit, c’est leur problème.

Il y aura des résidus toxiques à extirper des esprits. On va devoir se retrousser les manches pour faire le sale boulot de nettoyage post-mazoutage, après ce dégazage frauduleux du cargo Lézékran.

Je planche sur une seconde partie pour cet billet, qui sera peut-être publiée (je ne sais pas encore), mais dans cette perspective virtuelle (sic), je préfère ajouter un « 1 » à cette bafouille.

© Blandine Messager – 2018

 

(*) – Et ne venez pas me les chauffer avec vos éventuelles accusations de pédantisme, car ce serait vous mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude et ce serait dommage pour lui (votre œil). Je suis autiste Asperger, donc j’écris comme ça parce que c’est comme ça, voilà. Et si je commets des erreurs dans la structuration de mon texte, c’est parce que j’ai un putain de trouble des fonctions exécutives qui me complique le travail de synthèse et c’est notamment pour ça que je galère depuis toujours. Alors camembert !

 

Images :

  • Stańczyk par Jan Matejko.
  • Jester – auteur inconnu
  • Laughing jester – auteur inconnu
  • Kermit la grenouille – The Muppet show

 

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4 réflexions sur “LÉZÉKRAN – 1

  1. Bonjour Blandine,

    Je me suis régalé en vous lisant et je me suis aussi pas mal reconnu dans vos pages. J’aime votre style que ne trouve pas du tout pédant.

    Je suis un « vieux », père de deux enfants autistes, Rémy 5 ans diagnostiqué « sévère » (quel mot horrible!) Altay 14 ans en cours de diagnostic TSA – haut potentiel et moi pas diagnostiqué du tout, mais vu mon âge (60 ans) je me dis que que ce n’est pas un mal que je n’aie pas été dépisté petit (je parlais), je serai peut-être mort ou zombie en hôpital psychiatrique…

    Je aussi exercé le métier d’éducateur en formation alternée durant une brève période en 1979-80, à l’époque ou la seule référence en matière d’autisme dans les IRTS était Bettelheim et ou on considérait – en France – les autistes comme les plus irrécupérables des handicapés mentaux. Méthodes thérapeutiques : Contention, casque sur la tête et neuroleptiques à gogo (pour les protéger d’eux mêmes… Bien sûr!).

    Moi aussi, j’ai lu tous les délires de l’escroc de Vienne et de ses successeurs, ses histoires étaient bien trop « jolies » pour êtres honnêtes.

    Je suis un scientifique, autodidacte, mais je n’ai pas adhéré inconditionnellement (c’est un euphémisme!). Je n’adhère jamais inconditionnellement à des idéologies (le doute est ma vertu!). Ce qui me choquait était le poids de culpabilité que les pkykks font porter aux femmes, pire que les religions et j’ai eu des copines féministes que le lacanisme de 68 a bien failli rendre schizophrènes (je sais on ne devient pas schizophrène, pas plus qu’on ne devient autiste, mais je trouve pas d’autre mot pour exprimer le phénomène et je ne suis pas en train de m’exprimer à la télé!).

    Mois aussi j’en ai assez des manigances de la secte et de lire et d’entendre des conneries sur l’autisme et les autistes donc j’écris aussi et je compile des articles et des infos. Là : https://www.facebook.com/StopPsychanalyse et là : https://www.facebook.com/remy.autiste.en.france/ Je vais y mettre des liens vers votre article et votre blog

    Merci pour ce que vous faites pour nous,

    Reynald

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Reynald,

      Ah oui, en effet, il y a de quoi perdre la tête si on se laisser happer par la psychanalyse et à une époque ça m’intéressait, mais plus comme un concept utilitaire pour « aller mieux », comprendre pourquoi on a vécu certaines choses, pouvait nous éviter de ne pas les reproduire, mais j’ai très vite lâché l’engin quand j’ai compris que le but de la psychanalyse c’était avant tout, de devenir un drogué de psychanalyse, d’y rester et de ne plus commencer ses phrases par « mon psy a dit que…. mon psy pense que…. ». J’ai même une copine qui n’arrêtait pas de m’en parler de son psy à la noix, un jour je lui ai dit, qu’elle devrait demander un remboursement intégral, vu qu’elle n’avait pas décollé depuis le temps de ses bobos d’antan….

      Si le seul but est de se chercher des prétextes pour aller plus mal encore et d’y aller chercher jusqu’au fin fond du trou de balle (désolée, j’ai cherché un mot plus joli, mais ça ne m’est pas venu)… alors c’est surement la psychanalyse qu’il lui faut, mais si c’est pour aller mieux, alors là, non, elle s’est plantée.

      Elle commence à peine à s’extraire de cette pensée binaire (sans psychanalyse on ne se remet pas en question, paraît-il ?)… donc à part se faire psychanalyser, on est des névropathes, voire des psychopathes…. ah tiens, j’aurais cru l’inverse justement…. il n’y a qu’à observer d’ailleurs ceux qui sont en analyse depuis 10, 20, 30 ans… et parfois plus ! Quand une nana en analyse depuis autant d’années me dit qu’elle va voir son analyste pour apprendre à avoir une vie amoureuse plus durable, je lui dis « dans un sens tu y es arrivée, puisque tu as passé plus d’années avec ton psychanalyste qu’avec n’importe qui au monde ! »…. mais bien sûr c’est purement sarcastique.

      Non, la psychanalyse je n’en suis pas fana, non seulement cela, mais je pense qu’elle n’a absolument rien à se mêler de ce qui doit être du domaine de la science, puisqu’elle conteste elle-même les avancées scientifiques ! Que ce soit au sujet de l’autisme ou même d’autre chose…. un jour j’ai été sidérée de voir qu’un orthophoniste qui connaissait parfaitement mes positions sur le sujet m’aie envoyée vers un neuropsy d’obédience psykk…. le mec donnait des cours à l’université et il écrivait que les personne naines l’étaient parce qu’elles avaient manqué d’amour maternel, que les personnes qui ont des troubles dys pareil, que les personnes qui ont de l’eczéma, pareil, etc…. bref, quelque soit le mal dont vous souffrez, c’est la faute à la mère !

      Alors j’ai beau en vouloir à la mienne car c’est vraiment un phénomène psychiatrique à part entière, j’avoue qu’elle n’y est pour rien, ni pour mon autisme, ni pour mon hypothyroïdie… ni que j’étais dyslexique étant enfant… je dois encore parfois me relire avant de poster un commentaire pour être sûre, car j’ai encore parfois tendance à inverser des lettres voire des syllabes ou en oublier… mais globalement, je m’en sors bien.

      Ah oui, j’ai fait aussi des trucs supers cons, j’ai joué à Tetris, au scrabble, et à tout un tas de jeux paraît-il inutiles, y compris les mots casés, fléchés, etc…. j’ai appris par un neuropsy (pas psykk cette fois) que cela avait du certainement résorber ma lésion responsable de mes troubles dys…. et grâce à cela j’ai pu coudre, faire de la mosaïque, bricoler, faire des tas de choses utiles… et Tetris m’a permis de bien ranger une valise, de bien ranger mes courses au frigo et dans les placards, etc… hihihi bon, c’est marrant car à un moment donné, j’étais obsédée par le rangement, mais pour une gamine que l’on disait sale, bordélique, pas intellectuelle et j’en passe, je m’en sors plutôt bien.

      Donc, je pense que même un enfant « sévère »-ment autiste peut trouver sa place dans cette société. Ma fille n’est pas asperger, elle est autiste plus typique. Mais elle a suffisamment progressé pour que la plupart me disent elle doit être de haut niveau, non non elle ne l’est pas, elle a un faible QI, mais elle s’en tamponne, elle n’est pas dans la compétition et c’est aussi bien, car elle donne l’impression d’être neuneu mais elle est en fait très futée et loin d’être bête ! J’ai misé sur l’autonomie et je lui ai permis de pouvoir se débrouiller déjà à la maison (à l’extérieur elle se met encore trop en danger et je dois faire attention aussi à la maison car parfois elle fait des trucs pas bons pour elle), petit à petit le reste viendra… en son temps.

      Bien sûr, cette société de compétition nous dit qu’on doit mettre les productifs d’un côté et les non productifs de l’autre….euh, on les met où les fonctionnaires et les ministres, les députés et tout ça ???? ahahahahaha Oui, on peut se demander si selon cette hypothèse de la productivité on n’aurait pas plus vite fait de vider les cases qu’on croyait réservées aux autistes pour n’y mettre plus facilement que les gens qui ont choisi de mettre leur « intelligence » au service du matérialisme, de la facilité, de la soif de pouvoir etc…

      Donc, ce serait dommage de se priver de personnes même dites « sévères », car toutes ont une raison d’être c’est d’ailleurs grâce à ma fille que j’ai pu penser me faire diagnostiquer il y a 4 ans environ, (enfin 6 pour être plus exacte), sinon, si elle avait été Asperger, peut être que ni elle ni moi on n’y aurait pensé… je ne sais pas ce qu’aurait pu être notre vie si on avait ignoré notre autisme… mais je suis contente de l’avoir finalement obtenu. Même si c’est juste pour moi. Ma famille de toute façon s’en fiche et pense que je m’invente un truc pour justifier que je suis ingrate, prétentieuse, etc.

      Pour ma fille, ça change tout, car elle se sent comprise, à partir du moment où elle a su que je le suis aussi, elle a changé un peu son attitude de défiance, elle s’est mise à avoir un comportement plus protecteur….

      Bref, tout ça pour dire, bravo d’avoir ce bon esprit scientifique et d’être toujours dans le regard critique de la chose et de ne pas vous cramponner à vos certitudes…. Super !!! ça fait du bien de lire des bonnes nouvelles aussi !

      Aimé par 1 personne

  2. Excellent Blandine, tu pousses la réflexion jusqu’au bout et je ne ressens que plaisir à lire, via monzékran…. ahahahahah Merde alors ! encore une intoxiquée ! Ma mère le disait déjà, que j’étais une intoxiquée Dézékran et mon père disait qu’à force de regarder des séries américaines débiles à la télé, je finirais complètement stupide…. mais à bien y regarder…. de plus près…. mon père m’a fait beaucoup d’intox tant sur mon trouble de la thyroïde que sur mon autisme. Préférant dire que je devais surement être une droguée doublée d’une prostituée (pour me payer ma dope, tiens !), d’une pauvre fille naïve qui ne sera jamais une intello (comme lui quoi !)….

    Lorsque j’ai fait ma démarche pour le diagnostic d’autisme, le médecin qui m’a reçue m’a dit que, quand bien même j’aurais été droguée et/ou prostituée, si mes parents craignaient que je ne sombre dans la drogue, pourquoi n’ont-ils pas emmené leur enfant chérie chez un médecin pour tenter de la sauver de cette perversion ?

    Bref, un père tellement intelligent qu’il déclare que son enfant se drogue et ne fait rien pour l’aider ?

    Des années plus tard, réfléchissant à tout cela, il était clair que lui même n’y croyait pas à cette thèse, car s’il avait eu un temps soit peu d’inquiétude me concernant, il m’aurait aidée, c’est certain. En réalité, ni l’écran de télé n’était responsable de mon autisme, ni même de fréquenter des garçons, ni même mon hypothyroïdie quasi-congénitale responsable de mes tremblements et de mes autres soucis n’étaient des signes de dépendances…. en allant sur Lézékrans, j’ai lu des tas de choses passionnantes sur le cerveau humain, sur la thyroïde, j’ai compris pourquoi et comment ma thyroïde agissait sur mon métabolisme et dès que je sens que je mon cerveau freine, je suis à 95% sûre (je me laisse une marge d’erreur comme la fatigue, mauvaise nuit, un aliment qui ne me convient pas, etc) que la thyroïde est en mauvaise posture et que je suis en « hypo ». Tout comme j’ai appris que pour ne pas partir de la maison et être sûre que je devais rester chez mes parents chéris, tellement soucieux de leur enfant ingrate, désobéissante, qui n’en faisait qu’à sa tête…. (heureusement que j’ai fait avec la mienne ! vu le résultat de la leur !), que mes parents m’ont sous dosée sur le plan hormonal, dans le but de freiner mes petites cellules grises qui étaient déjà bien efficaces et perspicaces.

    J’ai tant appris Dézékrans… et j’apprends encore… car je suis en soif d’apprendre depuis toujours. A la maison, on a tous les moyens de communication et d’apprentissages possibles. C’est grâce aux séries télé (débiles, que mon père disait) que j’ai appris à interagir avec mes semblables, que j’ai appris à feindre la neurotypie dans le but de me fondre dans la masse pour faire « comme tout le monde », (que mon père me répétait, tout en me disant d’être moi même, hum…. décidément…. la cohérence et la logique n’étouffe pas ces NTs !)….

    Bien sûr, je ne préconise pas qu’un écran pour se cultiver ou même pour ouvrir son esprit, avec ma fille (autiste elle aussi), à force de déménagements et de découvertes de régions de France, on a aussi découvert des choses et des trésors insoupçonnables, on a découvert de nouvelles mentalités, des façons d’être différentes, on a aussi appris que c’est la sédentarité qui rend rigide et qui rend peureux du lendemain. J’ai passé mon permis de conduire avec succès cette fois (oui en boîte auto c’est vraiment ce qui’l me fallait), avec notre Toutinette (voiture), on parcours la France (pour le moment) et on aime voir de nouveaux paysages, mais après avoir d’abord vu sur Lézékrans….

    En revanche, les mêmes qui diabolisent Lézékrans sont les mêmes qui diabolisent aussi le déménagement et le changement de régions, de villes… il paraît que je suis devenue en plus instable…. j’ai passé 42 ans à Paris, mais non, je déménage 4 fois entre 2013 et 2017, mais je suis instable…. Hum…. oui, d’ailleurs, si on creuse la mentalité de ces donneurs de leçons, ce sont les mêmes qui préconisent ces mantras « Il faut pardonner…. il faut lâcher prise…. l’amour ça fait mal…. etc ».

    Pendant des années, et sans avoir pu me documenter avant, puisque mes parents tenaient les clefs de mes finances au minimum de chez minimum, m’offrant que des biens d’occasion et pas de meilleure qualité, les livres étant inutiles, puisque je ne deviendrais jamais intellectuelle…. on me gavait de littérature « de gare », des romans « à l’eau de rose »… dans le seul but de me frustrer puisqu’en plus on me disait que la sexualité c’était mal…. bon quand j’ai appris que mes parents étaient carrément à l’opposé de tout ce qui’ls préconisaient, j’ai bien ri… (jaune). J’ai compris beaucoup de choses en lisant beaucoup et dès qu’internet est apparu et que j’ai pu y accéder…. attention Nathalie, ne te jette pas sur Lézékrans comme ça, tu seras droguée d’eux….

    Et bien j’ai non seulement découvert plusieurs domaines de compétences dans lesquels je suis plutôt bonne, je continue d’en stocker, d’en découvrir, grâce à Youtube et à ses vidéos où on peut visualiser et apprendre de nouvelles choses, je vais me lancer dans des tas d’activités créatives, comme quoi, on peut aussi développer ses dons en regardant faire… puisqu’en plus on me prive de formations et qu’on me bride sur le plan professionnel, autant que je me débrouille avec ce que j’ai…. plus on cherche à nous coincer, à nous piéger, voire à nous « protéger de nous-mêmes »…. plus on doit développer des compétences annexes qui ne seront jamais inutiles…. voire, depuis que l’on peut prouver que sans le concours de l’université, des diplômes, on peut aussi se professionnaliser grâce aux Zékrans…. il faut forcément les diaboliser.

    J’ai un parcours très cahotique et il est fort probable que Lézékrans m’aient sauvée de plusieurs manières…. par la culture j’ai appris que mes parents n’étaient que de sombres pervers manipulateurs, menteurs….. j’ai appris que je n’étais pas nulle et pas non plus « non intello », j’ai appris que l’on pouvait se former hors des sentiers traditionnels, voire même mieux…. j’ai appris qu’on pouvait apprendre les habiletés sociales en regardant des personnes se comporter à la télé… j’ai appris qu’on pouvait voyager par l’esprit pour aider cet esprit à vaincre ses peurs de partir aussi aller à la rencontre d’autres cultures, d’autres façons de vivre…. etc.

    Je ne dis pas qu’il faut mépriser toutes les autres sources de moyens de culture, car je n’aime pas l’extrémisme d’aucune sorte, mais je ne vais certainement pas cracher dans la soupe, moi qui ait pu me libérer grâce à Lézékrans.

    J’ai appris aussi que je n’étais pas folle, ni droguée (malgré moi alors, car à part avoir essayé de crapoter des cigarettes à l’adolescence, je n’ai jamais rien consommé qui soit plus fort que le thé ou le café, voire un verre d’alcool lors de sorties avec des copines), encore moins prostituée…. contrairement à d’autres femmes et hommes qui peuvent accepter de se faire entretenir par un autre être humain, moi je n’ai jamais supporté de dépendre de qui que ce soit…. Ni de monnayer mes faveurs sexuelles d’aucune façon que ce soit.

    Bref, pour moi c’est donc un véritable sauvetage…. et oui, en décortiquant mon arbre généalogique, j’ai également recherché dans mon entourage plus ou moins proche et éloigné des particularités génétiques qui pouvaient avoir conditionné, en quelques sortes, mon autisme et celui de ma fille, et je pense que ma grand-mère paternelle était certainement elle aussi autiste. Donc, elle, à part sa bible qu’elle transportait partout avec elle, que mon père critiquait car elle n’avait que sa bible devant son nez (comme quoi, un homme si vertueux qui traite sa fille de droguée et de prostituée peut aussi à l’inverse critiquer et sermonter sa propre mère qui a le nez sans cesse plongé dans sa bible), son Zékran à elle, elle ne savait ni lire ni écrire, mais elle connaissait sa bible par coeur. On ne pouvait pas lui enlever un mot ou même rajouter une pause plus longue qu’une virgule… elle le savait !

    De ce fait, je pense qu’en effet, les pervers utiliseront quoi qu’il arrive n’importe quel prétexte pourvu qu’ils aient raison…. comme le dit l’expression « qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse »…. En réalité, les pervers sont eux mêmes intoxiqués par leur besoin de contrôle et ils ont besoin de casser ce qui peut aider une personne à prendre sa vie en mains, à refuser d’être une victime (en ne pardonnant pas à son bourreau, d’où le besoin d’obliger la population à se pardonner mutuellement, pour son « propre bien »…. ben voyons ! à lâcher prise, alors que c’est dans la bataille juridique parfois réside le triomphe…. ou la bataille médicale pour avoir gain de cause et connaître son principe de fonctionnement…. etc).

    Les pervers ont besoin de leurs victimes et qu’elles soient soumises…. je ne sais pas s’il y a plus de pervers ou si finalement Lézékrans ont permis de les voir avec la loupe et d’en détecter plus facilement qu’avant…. Donc vive Lézékrans et longue vie à eux, comme longue vie aux déménagements, aux voyages, aux livres, aux bibles (si ça libère, pourquoi pas ?), aux séries télés les plus connes, aux sites internet qui permettent de se cultiver, aux livres, aux BD, à la radio, à tout ce qui peut aider à être LIBRES !

    Merci encore pour ce fabuleux article. Très bien écrit ! Parfait !

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