Du déni aux remords dans des unités de diagnostic

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Les lignes bougent, les avis péremptoires s’effritent.

Titre âpre pour une ère qui va s’achevant : celle du refus de reconnaître les femmes dans le spectre de l’autisme, et plus particulièrement dans l’autisme (dit) de « haut niveau » et le syndrome d’Asperger.

Dans la même veine que la conférence tenue par le Pr Laurent Mottron le 31 mars dernier à Rouen (qui fut filmée mais dont la vidéo n’est toujours pas sortie)…

Cette conférence de Fabienne Cazalis sur les femmes dans le spectre de l’autisme nous apporte des informations et connaissances nouvelles, propres à révolutionner les procédures diagnostiques pour celles-ci.

Des points-clé extrêmement intéressants, car relayant avec respect et précision ce que bien des femmes autistes expriment depuis des années sans trouver d’écho chez les professionnels chargés des diagnostics.

À l’écoute de ces conférences, des professionnels travaillant dans des unités de diagnostic commencent à réaliser et prendre la mesure de leurs erreurs et, sans doute aussi, des conséquences lourdes de leurs refus de prendre en compte les spécificités féminines.

Des remords commencent à s’exprimer…

Comme quoi… honte et culpabilité sont des sentiments qui possèdent leur utilité propre. Et si ça peut motiver ces professionnels à mettre les bouchées doubles pour rattraper leur retard et réparer leurs erreurs (par exemple en rappelant les femmes refusées précédemment dans leurs services afin de procéder à des évaluations dignes de ce nom ?).

Car nombreuses, nous sommes, à nous être brisées sur l’incrédulité (parfois cynique) de certains psychiatres (en CRA ou en cabinets libéraux), face à nos doutes ou auto-diagnostics de TSA, dont l’arrogance voire la morgue leur conférait le droit de douter de nos dires, de ricaner de nos paroles, de mépriser notre expertise dépassant souvent la leur en termes de connaissance de l’autisme, de nous coller des diagnostics erronés ou incomplets, de nous droguer… Bref, de nous prendre pour des connes hystériques.

La prise en compte des caractéristiques féminines émerge enfin dans les pratiques d’évaluation. Encore faudrait-il que les CRA (Centres de Ressources Autisme) se mettent au diapason (ce qui est loin d’être l’orientation de tous, avec de dramatiques disparités selon les régions), et que les moyens nécessaires leurs soient fournis pour augmenter leurs effectifs afin de réduire les délais d’attente, qui dépassent les 3 années pour certains. Et vu l’ampleur de la demande, un CRA par département serait peut-être la solution à envisager, ou encore multiplier les unités mobiles, afin de limiter les déplacements pour une population déjà peu encline à sortir de chez elle et souvent en situation de grande précarité matérielle.

Les informations contenues dans cette vidéo méritent d’être portées à la connaissance du public, mais surtout des psychologues, psychiatres, et aussi médecins, toutes spécialisations confondues.

© Blandine Messager – 2017
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3 réflexions sur “Du déni aux remords dans des unités de diagnostic

  1. Merci!!!
    Mes derniers tests et entretiens au CRA d’avant-hier m’avaient à nouveau plongée dans le désespoir le plus total de n’être jamais entendue et reconnue sur mes difficultés et souffrances quotidiennes depuis 44 ans, et écouter cette conférence me permet de me rappeler qui je suis, juste différente, moi.
    et vus mes troubles anxieux je n’aurais jamais pu aller assister à cette conférence. Je pense envoyer cette vidéo au CRA qui m’a si mal reçue.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui vous avez très bien corrigé mon erreur, merci beaucoup, c’était bien la même personne.
      p.s. : du coup, vous pouvez aussi supprimer le message de 19h19 demandant la correction 😉

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  2. Oui et à condition qu’ils ne s’en servent pas pour nous entraver dans la vie, car nous diagnostiquer pour nous retirer le peu de liberté que nous avons, ils sont forts pour ça aussi. Personnellement je vis mal le fait.qu’ils aient bâclé mon diagnostic. Pour un centre expert, c’est minable. Je préfère leur rendre en leur disant que ce.n’est.pas.digne. Même mon chat aurait mieux.fait.

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