La recherche sur l’autisme est aussi un combat féministe*

Octopus brain

Je lisais ce soir un commentaire concernant une femme autiste, déjà assez connue sur les réseaux sociaux, qui dans ses vidéos s’exprime avec une aisance apparente et un énorme talent. Certains ont l’air de douter de la réalité de son autisme, du fait qu’elle semble à son aise pour parler devant une caméra. Pourtant, elle a été formellement évaluée et diagnostiquée par un centre compétent. Et quand elle parle du syndrome d’Asperger, il est clair qu’elle sait de quoi elle parle, de l’intérieur.

Pire : un(e) internaute se permet de lui poser un diagnostic sauvage, tout droit issu d’une pensée fortement teintée de formatage psychanalytique, ou tout comme. Bref, encore une « petite mauvaise odeur » à évacuer. Plus trivialement : un(e) con(ne) de plus qui s’improvise « diagnostiqueur »  comme d’autres font de la voyance sur photo. C’était si édifiant qu’elle en a fait des captures d’écran, relayées sur réseau social.

On se trouve là face au décalage entre l’état interne (le fonctionnement autistique) et l’état apparent (comportement, symptômes…). Nous sommes tous « intoxiqués » par des images médiatiques d’autistes aux symptômes visibles, qui nous font oublier que l’autisme est un fonctionnement cérébral particulier dont les symptômes peuvent se voir… ou pas. Ou encore : pas tout le temps. Car le fait d’avoir un intellect normal à surefficient permet, en certaines occasions, d’imiter de façon plus ou moins parfaite l’apparence d’une personne non autiste.

C’est une prouesse que je peux accomplir ponctuellement, et mieux quand j’avais la trentaine que maintenant, mais si je le juge nécessaire, je peux faire illusion (pas longtemps), faire semblant de parler de façon banale, me tenir physiquement sans laisser paraître l’étrangeté de ma gestuelle habituelle, et en surveillant mon langage pour qu’il paraisse ni trop pédant ni trop direct ni trop plat, en veillant à regarder un peu les gens dans les yeux entre les mots, à fixer un peu au moment de serrer la main… J’avais appris cela quand j’étais adolescente, pour m’intégrer socialement.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que si c’est possible, cela relève d’efforts très éprouvants et générateurs de grande fatigue. D’où des « burn out » répétés au cours de ma vie, en situations sociales et professionnelles (surtout en milieu pro) : on arrive à sauver les apparences en début de journée, puis ça se dégrade au bout de quelques heures et la situation s’aggrave au fil des semaines, des mois, jusqu’à ce qu’on se barre avant de claquer (et en claquant la porte), ou qu’on se fasse virer comme des malpropres (de l’entreprise, du couple, de chez les « potes »… etc.) par manque de diplomatie, incapacité à discuter de façon banale, par lenteur excessive, récurrence des sujets de conversations circonscrits aux intérêts restreints, honnêteté trop scrupuleuse, routines ou perfectionnisme incompatible avec le rendement exigé.

Quand sonnent les douze coups de midi, le carrosse redevient citrouille et les haillons réapparaissent.

Donc oui : dans certains cas, une personne autiste est tout à fait capable de se faire passer pour non autiste. En général, les femmes y arrivent mieux que les hommes. Mais à quel prix ?!

Je mets cette dissimulation des symptômes sur le compte de la pression sociale qui est plus forte sur les filles dès la naissance pour exiger d’elles de paraître « gentilles », polies, et constamment invitées à faire preuve de souplesse en société, d’élégance vestimentaire, de séduction… choses qu’on exige moins des garçons. Les formatages éducatifs sont différents selon le sexe. Et conséquence sexiste : les filles ayant appris dès leur plus jeune âge à cacher leurs particularités, leur diagnostic devient beaucoup plus compliqué pour les spécialistes, qui pour le moment ne savent se baser que sur les symptômes (donc les apparences).

Les formatages culturels concernent aussi les autistes. On le découvre d’ailleurs à notre époque : une éducation précoce permet aux autistes de manifester moins de symptômes. Il en va de même pour le conditionnement sexiste : plus la pression est forte sur l’autiste femelle et moins ses symptômes seront visibles. Si c’est un avantage par certains côtés (elles peuvent passer inaperçues, se fondre dans la masse, faire illusion…), c’est un handicap de l’autre (aussi lourd que le handicap autistique lui-même) : on s’écarte pour laisser passer l’aveugle s’il a une canne blanche et s’il n’en a pas, on le malmène, ne croyant pas en sa cécité, l’accusant d’imposture. Eh bien il en va de même de la femme Asperger : elle n’a pas de canne blanche alors on la traite comme si elle n’était pas autiste, on ne lui fait aucune concession et on lui demande de fournir des résultats semblables à ceux d’une personne sans autisme. Mais ça ne peut pas tenir longtemps. Et si elle affirme qu’elle se sait handicapée par son syndrome d’Asperger, on l’accuse d’imposture.

Raison pour laquelle je m’intéresse vivement aux avancées en imagerie du cerveau, en neurosciences qui permettront bientôt, je l’espère, de diagnostiquer l’autisme sur des bases organiques, biologiques et génétiques solides, au lieu de ces inventaires arbitraires de symptômes apparents, qui ne sont pas vraiment fiables, la preuve par les filles et femmes.

Nous vivons une époque sexiste où les critères de diagnostic de l’autisme ont été élaborés essentiellement sur des garçons, selon une approche culturelle machiste. Et ces listes de critères furent aussi établies par des hommes. Les filles et femmes sont les grandes oubliées de l’autisme, qu’on laisse encore croupir sans diagnostic sur des prétextes d’un autre âge, et le plus souvent avec des diagnostics hâtifs, erronés, hérités de l’idéologie freudienne. On remplaça l’hystérie chère à Freud par de nouveaux vocables utilisés mal à propos : bipolarité, dépression, trouble borderline, anorexie, phobie sociale, etc., histoire de continuer de mettre la pression sur les femmes en évitant surtout de leur attribuer le juste diagnostic, « chasse » réservée au sexe masculin : l’autisme et le syndrome d’Asperger. L’histoire du « cerveau hypermasculin » faisant partie du tableau : c’est vrai quoi… le cerveau autistique est souvent présenté comme « couillu », alors dans la tête d’une femme, ça fait désordre !

Notre pays est sexiste, jusque dans les processus de diagnostic clinique de l’autisme : il faut savoir que quand on est une femme, tout sera fait pour tenter d’éviter l’évocation d’un syndrome d’Asperger au profit de diagnostics fantaisistes et posés à la hâte de bipolarité, de dépression, d’anorexie, de troubles borderline ou de personnalité divers : les femmes, c’est bien connu, ont certes une personnalité, mais pas de cerveau. Il n’est plus d’usage de les dire hystériques alors il faut bien leur trouver quelque chose (et tant qu’à faire leur prescrire des potions diverses, vantées par le dernier « visitueur » médical venu).

Les hommes, eux, ont un cerveau. D’ailleurs ils ont raison : ça peut aider. Même quand on est une femme.

Dans le genre « trouble du cerveau », on a en magasin : autisme ou schizophrénie. C’est bien la schizophrénie : c’est un truc de mec intelligent. Dans les années 70, en psychiatrie, si tu étais doué pour les échecs et que tu « pétais un plomb », on t’étiquetait schizophrène et on te (sou)mettait aux neuroleptiques. C’était le truc à la mode à cette époque. Maintenant, on veut bien te concéder l’autisme ou le syndrome d’Asperger (version étoilée). Parce que là encore, ce sont des « pathologies » pour « nous les hommes ». Un peu comme une marque de déodorant réputée sentir le mâle.

Mais les femmes, non. Les femmes n’ont pas de cerveau. Elles ont juste des nerfs régulés par leurs fluctuations hormonales. Alors la bipolarité au lance-pierre, c’est pour elles. Et on les soumet au lithium. C’est bien le lithium : ça régule les femelles, paraît-il. Mangez-en !

Et si une femme émet un doute quand au diagnostic de bipolarité qu’on veut lui coller en seulement deux entretiens**,comme elle n’a pas de cerveau, on lui rétorque que ses « nerfs » sont la cause de son désordre, que c’est de la faute de ses parents qui ont divorcé quand elle avait neuf ans et qu’elle est en phase maniaque ou hypomaniaque. Normal : les femmes ça ne peut pas réfléchir puisque ça n’a pas de cerveau. Ça peut juste être agitée en phase « up » et déprimée en phase « down ». Et si elle n’a pas de phase « up », on va lui dire qu’elle est bipolaire de type III : une nouvelle classification bien pratique pour faire entrer de force la victime dans la case « bipolo » même si elle n’en a aucune des apparences réelles (et c’est ce qu’on appelle : « monopolarité ». C’est nouveau, ça vient de sortir !). Tout, tout, tout, mais surtout rien qui ne soit lié au cerveau ! (Dans leur imaginaire, bien sûr : ils savent bien que les femmes et les bipolaires ont un cerveau, mais disons que dans leur esprit tordu, c’est un cerveau négligeable). Eh oui… « Les cons, ça ose tout… » disait Michel Audiard.

En gros, et en version « malpolie », c’est : « faites pas ch… avec vos idées d’autisme/SA, sinon je vous colle bipolaire ! »… Parce que dans les faits, c’est ça.

Dans les faits, ils ne connaissent rien à l’autisme, juste un peu à la bipolarité, alors ils collent l’étiquette qu’ils connaissent un peu, pour ne pas perdre la face en avouant qu’ils sont ignares de ce que sont l’autisme et le SA.

Bref. Dans les deux cas, on castre tout le monde et « les oies seront bien gardées ».

Avec l’autisme c’est un peu plus compliqué : on ne peut pas les droguer ni les rendre dépendants. C’est moins vendeur.

Aussi, quand une femme manifeste un QI hors norme, des dispositions en mathématiques et en intelligence spatiale… on dit d’elle qu’elle a un « cerveau masculin », voire un cerveau « hyper masculin » (si elle cumule cela avec l’autisme). Parce qu’un tel cerveau, ça ne peut pas être un cerveau de femme. Non, non !

Bref. En psychiatrie, dans les CMP… tout est fait pour cantonner les femmes à leur place de créatures inférieures.

Et quand on lit et entend que le syndrome d’Asperger ne concerne que deux femmes sur dix aspies (pour ne pas dire que selon certains, le SA n’existe pas chez les femmes) on peut se dire que l’idéologie freudienne continue d’obscurcir l’entendement de bien des praticiens Français.

La violence psychiatrique et psychologique envers les femmes sévit encore lourdement dans les milieux concernés (psychothérapeutes, psychologues, psychiatres, CMP et autres CRA à la traîne). Mais les réseaux sociaux fourmillent de revendications allant dans le même sens : ces milieux sont outrageusement sexistes et il faut que ça cesse.

Alors, dans ce contexte : se battre pour soutenir la recherche sur l’autisme est en soi un combat, mais aussi un combat féministe.

Le temps des hystériques, des mères crocodiles, est révolu ; celui des tripatouilleurs de femmes sans cerveau s’accroche encore aux branches… du n’importe quoi pourvu que ça coupe les têtes, de la castration cérébrale en somme (avec lavage chimique des cerveaux, puisque c’est permis)… Mais ça ne pourra pas durer.

De plus en plus de femmes y veillent, ne sont plus disposées à se laisser manipuler de la sorte.


(*) Le mot « féministe » est employé ici dans le sens d’anti-sexiste. Il ne s’agit évidemment pas d’un emploi de ce mot dans un sens sexiste revendicatif d’une quelconque primauté du féminin sur le masculin.
(**). – Aux dernières nouvelles, il semble que l’opiniâtreté soit payante… Et il s’avère qu’elle l’est !
© Blandine Messager – avril 2016
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21 réflexions sur “La recherche sur l’autisme est aussi un combat féministe*

  1. Bonjour,
    Merci pour vos articles.
    Ma psychologue m’a évoqué le syndrome Asperger il y a un plus d’un an. Voilà 2 ans que j’ étais suivie par elle. Derrière moi 13 ans de thérapies de tout type et 34 ans de souffrance…
    Ça y est enfin ! Je me suis battue car on m’a proposé des tas de traitements avec comme diagnostic de bi polaire ou dépressive.
    Je décide de faire un dossier pour le CRA de ma région (Bordeaux.)
    J’entreprends un bilan orthophonique et un diagnostic chez un psychiatre libéral qui valide le syndrome Asperger.
    J’ai passé le bilan au CRA début d’année, le psychiatre me dit bien qu’il y a des signes alertants lors du TEST ADOS et me parle d’autisme lors de nos rencontres.
    Mais lors du TEST Wais avec la psychologue ça ne se passe pas bien, je sens que sa posture n’est pas adaptée ( mon intuition).
    Retour du bilan il y a un mois :
    Test WAIS résultat trop élevé en vocabulaire et compréhension verbale. Vous ne pouvez pas être autiste les autistes ne peuvent pas avoir un résultat aussi élevé. Un autiste ne peut pas déménager et soyez contente vous n’avez pas de maladie grave.
    Ils m’ont posé un vulgaire diagnostic de trouble de l’adaptation . En s’appuyant sur mes carences lors de mon enfance .
    Ils m’ont bousillés, ça été d’une violence extrême.
    En 6mois j’ai perdu mon travail et le CRA m’a posé un diagnostic complètement erronée.
    Heureusement que ma psychologue et ma psychiatre m’accompagnent.
    Je souffre énormément et ça a réouvert beaucoup de souffrance. Ma psychiatre me parle aussi d’un état de stress post-traumatique que j’ai depuis mon enfance, qui est très souvent présent chez les Aspergers.

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    1. Ce type de retour, selon lequel des psychologues prétendent impossible qu’un autiste puisse avoir un résultat élevé en verbal dans la WAIS, est hélas encore trop fréquent. Mettre à jour ses connaissances sur l’usage de ses outils de travail fait pourtant partie des devoirs professionnels de tout un chacun, psychologues compris.

      Ne pas savoir que des autistes, et notamment Asperger, présentent fréquemment un QI hétérogène au profit du verbal, et que ce verbal puisse être parfois exceptionnel, est très grave. Dans un cabinet privé, passons (qui les contrôle ?), mais qu’un professionnel du secteur public agisse de la sorte indique que quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans notre pays.

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  2. Je pense que je vais devoir débourser en effet.
    En tout cas merci je te remercie de m’avoir donné une réponse aussi rapide éclair. On ne peut pas en dire autant de tous ces organismes malheureusement…

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  3. ù%Diagnostiquée à 60 ans passés,j’en ai 8 de plus et l’impression d’avoir 20 à 25 ans de plus question fatigue. Dur ,très dur d’assurer à…50% toute une vie professionnelle et personnelle.Jamais je n’ai pu apprendre à nager,ni à conduire,à peine faire du vélo. Je n’ai pas pu rester en couple (pour faire comme tout le monde) pas pu assumer ma fille,perdu 2bb avant terme,j’etais soignée aux neuroleptiques. J’ai connu le rejet,les moqueries,la solitude,l’impression de ne pas etre « dans les clous »=la honte. En FRANCE,c’est pire qu’au QUEBEC ou je suis née. On ne peut pas s’imaginer comme c’est cruel ici pour les gens différents. Oui,j’aimerai qu’on me dise PARDON; mais surtout que d’autres ne connaissent pas cela parmi les tres jeunes et les enfants. J’ai eu la chance de travailler dans les « trente glorieuse »apres c’était plus dur.J’ai eu la chance d’etre née dans une famille aisée,celle d’avoir une intelligence correcte(sans etre surdouée!),de ne pas etre desagreable à regarder ET SURTOUT d’etre UNE FEMME. On copie les autres,les « normaux,on ment,on triche quand on est jeune,on se prends des échecs,et on rectifie le tir. Les femmes sont plus malléables,on remarque moins les aspergers chez elles. Par contre il y a peut etre plus de sur doués chez les hommes??? Par contre je suis Tres fatiguée de cette vie,je ne participe plus à grand chose,sauf lire,tv,internet,dessin…J’ai des activités solitaires,à défaut d’en avoir de solidaires. La France a des retards partout,et pourtant c’est un magnifique pays,avec une histoire impressionnante…mais comme à peu prés toutes les nations,non ? On y est trop nombriliste. Pour les autistes en general et les asperger en particulier,j’aimerai aider,ce serais mon dernier acte bienfaisant car je sais que je ne ferai pas une octogénaire,pour d’autres raisons qu’asperger. MERCI a TOUS

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    1. Wikipedia : « Le syndrome est diagnostiqué chez 3 à 4 garçons pour une fille mais un écart généralement plus faible (répartition égale), parfois plus fort (jusqu’à 9 garçons pour une fille), est avancé par différents chercheurs pour la répartition réelle (comptant les non-diagnostiqués). »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d'Asperger#.C3.89pid.C3.A9miologie

      Attwood : (Voir la transcription de la vidéo sous celle-ci)
      http://autisme.info31.free.fr/?p=794

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      1. Les résultats des recherches à l’international sont inégaux, mais tendent de plus en plus vers un ratio de plus en plus réduit entre les sexes, d’une part. D’autre part, l’article ne met pas en doute le ratio garçons/filles actuel, mais les croyances sexistes ayant servi à élaborer les critères de diagnostic du SA (les symptômes apparents des garçons/hommes recherchés à l’identique chez les filles/femmes alors qu’ils ne peuvent être identiques). Et le fait qu’à cela s’ajoutent les croyances personnelles des praticiens chargés de recevoir les personnes, le plus généralement empreintes d’idéologie freudienne.

        Il s’agit de ne pas tout mélanger : les chiffres d’une part (qui sont ce qu’ils sont, bien que relevant de données statistiques réelles), et les comportements des professionnels Français d’autre part (qui n’ont rien de scientifiques).

        À ce sujet, la lecture des ouvrages de Laurent Mottron et Tony Attwood est vivement recommandée.

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    2. Justement parce qu’on ne sait pas diagnostiquer les femmes Aspies, non ?
      Je fais partie du petit lot diagnostiquées et encore, on m’a sorti le TED sans autisme en étant autiste. mdr ! Après le psy m’a sorti que si je n’aimais pas le TED fourre tout, on pouvait écrire Asperger mais que ça serait de toute façon supprimé vu le nouveau DSM. Ah on aime les cases non spécifié dans le DSM ! Tout ce qu’on peut être de manière non spécifié ! C’est fort (pas en chocolat hélas !) ! Et oui, dès qu’on fait preuve de créativité et d’humour…. on ne peut pas être autiste ! Alors voilà, je suis une femme de 44 ans, je suis Asperger (j’ai trop progressé en plus, non mais vous imaginez !?! Une Aspie qui progresse, on aura tout vu ! Faut pas, c’est pas bien, sinon on perd son étiquette !).

      Donc en France, on ne peut ni être une femme Asperger, ni progresser, sinon on sort des clous ! Enfin, on peut à la limite avoir le « non spécifié »… si cher au coeur des psy !

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  4. Si mon propos a pu heurter des personnes bipolaires, je peux le comprendre et j’en suis désolée. Pour éviter tout malentendu, il convient de comprendre que rares sont les vrais bipolaires correctement diagnostiqués, et que beaucoup de personnes étiquetées de la sorte (de même que pour les schizophrènes), le sont à tort, le plus souvent hâtivement et avec prescriptions infondées de lithium (dont on sait les effets secondaires délétères à terme), alors que les pistes de l’autisme de haut niveau ou le syndrome d’Asperger n’ont jamais été évaluées (de même que d’autres choses comme notamment des dérèglements thyroïdiens, qui peuvent modifier le comportement).

    Quand on sait ce qu’est la vraie bipolarité (quand on a eu l’heur de côtoyer des bipolaires correctement diagnostiqués), on sait différencier les deux. Les différences sont évidentes le plus souvent, et c’est sur la durée qu’on peut notamment les observer.

    Imaginer qu’une personne puisse ne pas se rendre compte qu’elle entre dans le schéma de la bipolarité alors qu’elle explique clairement que ses symptômes ne sont ni de la dépression ni de la manie, et qu’ils sont stables dans le temps, est déjà en soi une erreur d’appréciation. Et tenter de lui imposer une vision extérieure de ce qu’elle sait pertinemment vivre intérieurement revient à se comporter de façon arrogante, irrespectueuse, erronée.

    Les personnes qui témoignent dans ce documentaires sont tout à fait lucides de leur état et savent parfaitement en parler. Et en les observant, on constate que ce qu’elles décrivent ne peut pas être confondu avec de l’autisme/SA. C’est un autre monde de sensations, de vécus, de réactions, de comportements, de motivations, de causes… même si les faits aboutissent parfois à des effets similaires, comme notamment la marginalisation. Leurs moments de dépression sont plutôt endogènes (viennent de l’intérieur), tandis que chez la personne à profil autistique, les moments éventuels de dépression sont toujours d’origine exogène (liés à l’environnement).

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    1. Oh oui, j’en ai connus des vrais bipolaires et en effet, pas de doute sur la question ! Mais bon, à force de voir des bidouilleurs de l’âme jouer dans la cour des grands sans en avoir pourtant les compétences…. je ne m’étonne plus de rien en matière psychiatrique !
      D’ailleurs, théoriquement ça serait plus logique d’être suivi par un neurologue que par un psychiatre. Parce qu’on sait depuis le temps que ce n’est pas une maladie et encore moins psychiatrique. Alors qu’est ce qu’ils veulent encore nous prouver ?!!! Ont-ils à ce point peur du chômage pour ne pas vouloir nous lâcher et nous confier aux seuls neurologues ? Je dis neurologues… mais en réalité, moi je préfère encore un naturopathe qui me conseillera des remèdes naturels pour équilibrer ma machine cérébrale, gérer l’anxiété en public, ou avant de passer un coup de téléphone qui me prend beaucoup d’énergie, quand je recule l’échéance d’appeler une assistante sociale au point où elle me dit qu’il n’y a pas de RDV avant des mois et que finalement, je n’ai pas l’air en difficultés…. (c’est rassurant dans un sens !), mais devoir encore tout faire seule (mais c’est ça ou laisser à des gens peut être moins compétents le soin de faire à ma place et en mon nom et ça c’est non d’office !). Etc. Bref, on se passerait bien de certaines difficultés, moi je dis souvent aux gens qui me disent que je me suis inventé mon diagnostic (bien sûr, un CHU s’amuse à nous donner un diagnostic par complaisance, c’est nouveau !) que si j’avais pu choisir, j’aurais été Super Jaimie ou Wonderwoman…. Mais non, en fait, j’ai beau vouloir, je n’ai pas de pouvoirs magiques…. pourtant c’est pas faute d’essayer ! En fait c’est surtout grâce à la conférence de Tony Attwood à Paris il y a quelques années que je me suis résolue à faire la démarche diagnostique, parce que ni dans les cafés aspergers, ni auprès des psy en général je ne me reconnaissais, et les livres pour la plupart sont tellement des copiers-collers des DSM, que j’ai eu du mal à m’identifier Aspie. Donc je trouve cet article très pertinent et merci, oui ! Il faut vraiment qu’on fasse bouger les choses et c’est aussi pour ça que j’ai accepté de parler de mon aspergitude au quotidien. Sinon, pour ce que ça me rapporte, j’ai pas fait de reconnaissance MDPH pour moi, ma fille est déjà assez bien entravée par son diagnostic pour nous deux. Pas la peine de donner en plus le bâton pour nous faire battre et qu’en plus ça lui porte à elle préjudice !

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  5. je trouve cet article super interessant ! pour mon cas , je suis aller voir un CRA , après deux rdv et un ADOS positif au SA , ba non , je suis bipolaire car je regarde trop dans les yeux et je dois corriger ma rigueur en vers l’être humain … tout ça sur un air méprisant de la par de la « psychologue du CRA »

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  6. Ah ! J’aurais sans doute dû être plus précise dans ma formulation. Cet article fait suite à deux faits survenus quasiment en simultané : une internaute blogueuse et communicante qui tourne des vidéos très instructives sur l’autisme Asperger, chez qui un internaute psy(psy-quoi ? On ne sait pas) prétend diagnostiquer une pathologie juste sur sa mine en vidéo, et un article d’une autre blogueuse en butte à un CMP qui veut absolument lui coller une étiquette de bipolaire (en seulement deux rendez-vous !) et lui faire avaler du lithium sous le prétexte qu’il s’agirait de bipolarité de type III. Avec en prime un discours selon lequel les autistes ne pleurent jamais et n’ont pas d’émotions, donc qu’il est inutile de l’envoyer en évaluation.

    Il s’agit donc clairement d’un abus. Et je pose la question de savoir s’il en aurait été de même pour un homme (qu’on lui dise qu’il est bipolaire au bout de deux entretiens et qu’on refuse de l’envoyer se faire tester).

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    1. Hélas oui.. le mépris, la jalousie, la domination, et la condescendance ne se fait pas qu’envers les femmes, je pense.. Là dessus, oui, je pense qu’on est à peu près égaux… Après, très bon article, bravo.
      De tout coeur avec toi et la dame en question.

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    2. Bonjour,

      J’ai lu attentivement votre article et il me parle clairement.
      J’ai découvert il y a un an le syndrôme d’asperger et inutile de vous dire que je me suis tout de suite reconnue là dedans et mon compagnon et ma grand mère aussi.

      J’ai été dans une association rencontrer un psychiatre qui m’a fait un courrier pour rencontrer les professionnels du CRA de ma Région. Bien qu’il n’ait pas trouvé ma tenue vestimentaire assez débraillée pour une autiste, enfin passons. Ensuite je devais entamer un suivi avec la psychologue de l’asso, j’avais tout prévu.

      Je voulais la rencontrer une fois pour voir si le contact allait passer puis lui transmettre un rapport par la suite ( sur moi, ma vie, mon quotidien, mes pensées, mes difficultés etc… ) qu’elle aurait transmis ( ou moi même ) au CRA pour mon diagnostic. J’avais un an pour tout mettre en place. Au final je l’ai rencontré une fois puis plus rien. De plus, cette mal polie qui était censée me rappeler mais ne l’a jamais fait s’est permise de dire au CRA qu’elle ne voyait pas l’intérêt de passer des tests et que je retourne en CMP. Un an de travail et de recherches et elle a tout foutu en l’air en cinq minutes.

      Moi j’étais fière de moi à l’issue de cette entrevue. Je me suis dit ça va j’ai pas dit tout ce j’aurais voulut mais j’ai parlé quand même un peu ça va. Puis j’ai pas fais trop de trucs bizarre alors c’est cool, bah non bim une claque de plus.
      Je ne sais plus quoi faire, vers qui me tourner, le CRA ne veut pas me rencontrer et les CMP très peu pour moi j’ai déjà fait.
      Je me sens seule et le problème c’est qu’à chaque fois que j’ouvre la bouche on me revoit un mur en pleine face j’en ai marre !!!!

      Si l’autisme est caractérisé notamment par un trouble dans la communication ( que j’ai +++++ ) pourquoi ou comment peut on juger si vite une personne sur qui elle est ??? D’autant plus que le caractère expéditif de cette personne, enfin cette pseudopsychologue, ne me donne pas du tout l’envie de me retourner vers elle. Même pas pour lui dire ce que je pense. Et j’en pense !!!

      Can you help me please ???

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      1. Je ne peux pas vous aider « techniquement », mais dans votre situation, je changerais de psychiatre, en demandant conseil à une association d’autistes pour avoir des adresses sur ma région. Ensuite, si le CRA est réfractaire, il y a la solution des centres expert (je crois qu’il y en a quatre en France) publics, ou dans un centre privé comme Asperger Aide (mais c’est payant). De toutes façons, dès lors qu’on est dans la « mauvaise » région, il ne reste plus que les solutions payantes, malheureusement.

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  7. On te sent un chouias en colère là, non ? (comment ça en colère ? une émotion ? ho ?)
    Bipo type 3 ??? allons bon… je m’en vais aller voir si je trouve de quoi ça parle
    Juste un mot sur le lithium, je ne serais pas si catégorique que toi, il peut avoir son utilité y compris dans l’autisme (ça n’empêche pas un diag correct hein ! bien au contraire !)
    A part ça, t’as réussi à me faire peur quant au créneau horaire… parce que j’en suis pas encore à midi, mais seulement à pas tout à fait 11h00, et je me sens déjà plus trop bien dans mes pantoufles de vaire…

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