« Votre enfant ne parlera jamais… »

S crabe bleu réduite pour blogEn 2013, au téléphone, mon fils de vingt-huit ans : « tu sais Maman, des fois je me demande si je ne serais pas autiste… ».

Alors je lui ai raconté notre histoire…

Janvier 1989, dans le CSMI (Centre de Santé Mentale Infantile) d’une grande ville, quelque part en France, un pédopsychiatre nous reçoit :

« D’après mes observations et le bilan remis par la psychomotricienne1, votre fils est autiste.

– autiste ?! (Son père et moi incrédules)

– oui, il est autiste. Il va falloir vous préparer à faire le deuil de votre enfant. Il ne parlera jamais et ne pourra pas suivre une scolarité normale.

– mais, selon vous, quelles sont les causes de cet… autisme ?

– en général, ce dysfonctionnement est le produit d’une attitude maternelle froide, d’une relation distante entre la mère et l’enfant.

– pourtant, il a été allaité durant plus de deux ans et je suis très proche de lui. Si nous ne communiquons pas par la parole, nous communiquons énormément par le dessin et les images…

– alors dans votre cas ce doit être le contraire : vous êtes trop fusionnelle avec votre fils. Ou alors c’est un mélange des deux : trop distante sur certains points, et trop fusionnelle dans d’autres domaines.

– mais je ne suis pas surprotectrice non plus, il est très indépendant et je respecte cela !

– peut-être, mais sans doute y a-t-il chez vous quelque chose qui ne va pas entre vous et votre fils, quelque chose qui doit remonter à votre propre enfance, mais ça peut aussi venir de la relation au père, ou entre le père et vous. Ça peut aussi être lié à la naissance de sa petite sœur… En tous cas, il n’ira pas à l’école et devra être placé dans un institut médico-éducatif, car ces enfants doivent être éloignés de leur famille pour éviter une aggravation de leur comportement. Vous devrez aussi suivre dorénavant une thérapie familiale pour protéger sa petite sœur.

– une thérapie familiale ? Mais nous avons déjà suivi des psychothérapies tous les deux ! Nous sommes capables d’auto-analyse !

– oui mais là, il va falloir passer à quelque chose de plus axé sur vos relations entre vous et vos enfants. D’ailleurs, il va falloir aussi surveiller de près votre fille, vu ce que vous m’en avez dit (qu’elle se tape la tête au sol), car elle aussi pourrait souffrir de troubles et il ne faudrait pas qu’elle devienne autiste à son tour. »

Crocodile

Un mois après cet entretien, l’orthophoniste2 de la même équipe soupçonna une surdité et envoya l’enfant passer un audiogramme chez un ORL spécialisé.

Bilan : surdité bilatérale de perception.

Je ne saurai jamais si c’est par lucidité sur les traitements imposés aux autistes et à leurs famille, ou si c’est juste par approche différentielle, mais elle a eu la présence d’esprit de dire que notre fils n’était pas autiste, puis elle est intervenue pour faire « annuler les poursuites » à notre encontre pour « inoculation d’autisme » chez notre fils.

À partir de ce jour, nous avions décidé que notre fils ne serait pas autiste. Désormais, il serait sourd !

Je précise : seulement sourd, pas autiste. C’est à dire que sa surdité est réelle, de même que son autisme, mais qu’on a mis sa surdité en avant pour évacuer l’étiquette d’autiste qui risquait de l’exclure de l’école, de la famille, de la société. (Précision ajoutée suite à des commentaires vus sur facebook où des gens ont cru qu’il n’était pas sourd, qu’il s’agirait d’une surdité « fictive »).

Puis il fut équipé de prothèses auditives, scolarisé en inclusion dans le privé (dans des classes avec des enfants typiques), car l’école publique n’avait que des établissements spécialisés éloignés à nous proposer, sinon rien car le public refusait d’intégrer les enfants sourds dans ses classes à cette époque.

Six ans d’orthophonie intensive, à raison de deux à trois séances par semaine.

À 14 ans, un bilan psychométrique indiqua un quotient intellectuel de surdoué (j’assume le mot).

Lui, le « demeuré » qui, jusqu’à deux ans n’avait jamais dormi plus d’une heure et demie d’affilée… lui qui, à quatre ans, n’avait qu’un seul mot à son vocabulaire (« oui »), lui qui agressait les autres enfants à la maternelle, qui ne supportait pas qu’on le prenne sur les genoux ou dans les bras, qui ne savait pas marcher mais seulement courir, qui ne regardait jamais dans les yeux, qu’on avait surnommé « le ventilateur » à cause de ses bras agités, qui n’interagissait avec personne (sauf avec moi par le dessin et avec son père par le jeu), qui ne disait rien ou pouvait rire quand il se faisait mal, qui ne ressentait ni la faim ni le froid ni la douleur ni la peur, mais qui sélectionnait qui aurait le droit de s’approcher de lui à l’odeur… puis qui plus tard mit des années à comprendre ce qu’était une question et en quoi consistait une réponse à celle-ci… Lui, l’autiste-muet-sourd… parle, oralise parfaitement, a pu suivre une scolarité en intégration jusqu’en troisième, puis deux ans en internat dans un établissement de formation professionnelle pour adolescents sourds où il apprit les bases de la LSF, puis une autre formation professionnelle… Il travaille, est autonome, il a une compagne… Il est rayonnant !

Ah !… Il joue de la guitare, aussi… Eh oui !

Sa sœur et son petit frère sont aussi magnifiques. Avec aussi « quelques » particularités, d’énormes talents…

Et dire que selon ces criminels, qui n’ont jamais demandé pardon pour leurs paroles assassines, nous aurions dû faire le deuil de notre fils.

Né autiste et autiste pour toujours, il fut sauvé car nous avions décidé qu’il ne le serait pas. Grâce à ce déni, grâce à ce mensonge (seulement sourd) que j’ai entretenu pendant presque trois décennies, le pire a été évité.

2016 : les mêmes salopards3/imbéciles (rayez la mention inutile), dans les CMPP et autres lieux de « santé », les psychanalystes experts auprès des tribunaux, les mêmes juges mal conseillés… continuent de saboter des enfants et leurs familles. Ces enfants qui, eux, n’ont pas eu la chance d’être sourds…

© Blandine Messager – mars 2014

Frigo


(1) – La psychomotricienne, qui avait aussi vu mon fils, avait diagnostiqué chez lui une hypotonie. Alors je vais décrire le « bordel » avec la psychomotricienne (édifiant !) : lors de la visite, elle est venue dans la salle d’attente chercher le gamin, s’est absentée 1/2 heure avec lui, me l’a ramené SANS AUCUN COMMENTAIRE. C’est le psychiatre de l’équipe qui nous a fait part de du diagnostic de la psychomot’. Si elle m’avait au moins interrogée sur mon fils, je lui aurais appris qu’il marchait à 8 mois ! Pour moi, un enfant qui marche à 8 mois ne pouvait pas être hypotonique : je me trompais sans doute, mais s’il y avait pu y avoir un échange verbal entre la psychomot’ et moi, nous aurions pu mettre cela à plat. J’en avais déduit que la psychomot’ étant borgne (eh oui !), elle devait mal se servir de son œil unique ! (Et avait peut-être aussi de la merde dans son œil unique ? Rires…). En tous cas j’étais très en colère contre ces gens se permettant de porter des diagnostics sauvages sur les enfants sans questionner les parents, ce qui est d’un mépris, d’une arrogance ahurissante.

(2) – Heureusement qu’elle est intervenue ! Elle a reçu notre fils 1 heure, puis est revenue me chercher dans la salle d’attente. « Mais votre fils est sourd ! Qu’est-ce que c’est que ce b… ?! On vous a dit qu’il était autiste ?! N’importe quel orthophoniste voit immédiatement que ce gamin est « sourd comme un pot » ! » J’avais bien aimé la sincérité de l’expression employée.

Puis confirmation ensuite chez ORL spécialisée en dépistage de surdité chez les enfants : surdité bilatérale et symétrique de perception, seuil d’audition à 55db et seuil de compréhension à 60db avec un « taux de recrutement élevé » (hyperacousie sur certaines fréquences). Ce type complexe de surdité ne nous avait pas permis de soupçonner cela chez lui car il entendait certains bruits et appréciait de nous écouter jouer de la musique, parfois en se collant l’oreille contre le piano : comment pouvions-nous soupçonner qu’il était sourd ?

(3) – Je leur accorderais le bénéfice du droit à l’erreur si ces gens avaient au moins la décence de demander publiquement pardon, par voie de presse, à tous ces enfants, à toutes ces mères, à toutes ces familles malmenées par leurs méthodes. Mais pour le moment, on ne les voit pas beaucoup manifester leur capacité à se remettre en question.

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37 réflexions sur “« Votre enfant ne parlera jamais… »

  1. J’avais dans mon école maternelle, à l’époque (ton fils aîné est plus jeune que moi) une enfant atteinte de surdité… les maîtresses parlaient le langage des signes… j’ai cette impression assez terrible que plus les années passent, moins cette intégration en milieu ordinaire ne se fait malgré la multiplication de lois non suivies d’effet…. la langue des signes n’est presque plus utilisée, hors institution spécialisée… Bien trop souvent, le parcours de soin ne prend pas en compte l’humain… le choix thérapeutique n’est pas respecté, les familles écartées…. C’est une calamité…

    Ton témoignage n’est en aucun cas « périmé »… les tenants de ce type de méthode continuent d’exercer, et même d’enseigner et transmettre leurs vision étriquée et arriérée…. Les voix contraires doivent s’élever pour ouvrir enfin de nouvelles voies ! Et plus elles seront nombreuses, plus elles auront de poids !

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  2. Bravo Blandine pour votre combat. Nos combats sont différents, mais la cause reste la même 😉
    Mon fils a commencé à présenter ses « troubles » vers 2 ans, et, les neuropédiatres me disaient de ne pas me tracasser, que chaque enfant se développe différemment, etc. Je me renseignais beaucoup sur internet (sites canadiens et américains) et j’ai trouvé un site qui présentait 25 troubles autistiques (mon fils en présentait 17), et même en montrant cette page aux soit-disant « spécialistes », ils ont toujours nié l’évidence (Ce sont eux les « spécialistes », ca leur fout mal que les parents aient un diagnostique différent du leur) …
    J’ai arrêté mon travail (très bien payé) au Luxembourg pour un autre emploi près de chez moi, moins bien payé mais dont les horaires me permettaient d’être plus disponible pour mon fils, et mes autres enfants.
    Un jour, il n’a pas voulu entrer dans le cabinet de la neuro-pédiatre, se cachant sous la table de la salle d’attente en se bouchant les oreilles, elle lui prescrit des médicaments. En lisant la notice, j’ai remarqué qu’il était déconseillé en dessous de 12 ans (mon fils en avait alors à peine deux et demi, mon médecin traitant m’a déconseillé de le lui donner … Suite à cela (je pense, ou pour une autre raison que je n’ai jamais connue), les services sociaux sont venus, une semaine plus tard, pour nous enlever nos quatre enfants (la petite dernière n’avait que 6 mois). Je suis allé tous les jours les voir après le travail, jusqu’à ce qu’on me dise qu’il fallait que je vienne uniquement le mercredi et le samedi car cela les perturbait. Je me suis battu contre ces services sociaux, le juge de la jeunesse et un avocat des enfants (commis d’office, qui savait ce qu’il fallait pour mes enfants mais qui n’a jamais été les voir et parler avec eux) pendant 3 ans pour récupérer mes enfants.
    Quand j’ai pu enfin les récupérer, j’ai pu commencer un véritable suivi médical, et à l’âge de six ans, les médecins ont parlé de « troubles à tendance autistiques », on m’a aussi dit à cette époque qu’il y avait de grandes chances qu’il reste non-verbal. Il a alors suivi de la kiné relationnelle pendant 2 ans, de la psychomotricité relationnelle pendant 6 ans, un peu de logopédie (orthophonie, que nous avons dû arrêter car aucune prise en charge de la mutuelle). Je lui ai appris (toujours en me renseignant sur internet) à travailler avec des pictogrammes (PECS), j’ai appris les signes les plus utilisés en langue des signes afin de lui apprendre à mon tour. D’abord il « musait » ( un peu comme murmurer en faisant « an-an an an-an an an ») En écoutant bien, on pouvait voir qu’il respectait le nombre de syllabes, puis il commencait quelques mots du genre « a-an » pour maman, « a-i-air » pour Marie-Claire sa psychomotricienne », « a-ure » pour voiture, … il y a juste le mot « papa » qu’il disait convenablement, j’ai eu le coeur rempli d’émotions la première fois qu’il l’a dit. Il n’utilisais presque plus les pictos, justes quelques signes pour demander à boire ou pour dire qu’il était fatigué, jusqu’au jour où (il avait alors 11 ans) il a commencé à parler, comme ça du jour au lendemain, sans qu’on ne sache l’élément déclencheur. Une semaine après, il est devenu complètement propre jour et nuit, finis les langes. Cette étape a été très importante car, arrivant maintenant à se faire comprendre, il a complètement cessé de s’auto-mutiler et de se frapper. Il a aujourd’hui 15 ans, est toujours scolarisé en enseignement spécialisé, mais je me bat pour qu’on puisse le transférer classe d’intégration, et j’ai insisté auprès de son école pour qu’on lui fasse passer son CEB cette année (car il lui faut ce CEB pour quitter le spécialisé). Il est super doué pour les maths, et tout ce qui est « plans », labyrinthes, une superbe vision du 3D, il a envie de devenir architecte, et je ferait tout mon possible pour qu’il puisse réaliser ses rêves.

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    1. Jean Luc, votre témoignage ressemble tellement par bien dans aspects à notre histoire avec notre fils Thomas de bientôt 16 ans, seulement diagnostiqué á 13 ans et pourtant suivi depuis toujours en neuropédiatrie!!! J ai envie de vous demander où était suivi votre fils!
      Je pensais que de tels incompétents n ‘existaient qu à Montpellier !!!

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      1. Bonjour Aline,
        Oui, en effet, les témoignages de familles touchées par l’autisme se ressemblent souvent dans les grandes lignes. Et l’incompétence, l’ignorance même, du corps médical se retrouve partout. Malheureusement, on ne peut en vouloir à l’ignorance du corps médical, j’ai appris dernièrement qu’un médecin, sur toutes ses années d’études, n’avait que deux heures de cours sur le sujet de l’autisme.
        Par contre, nous avons aussi eu droit aux psykk, et aux éternelles questions sur la maman, sur notre enfance (père et mère), et même sur la naissance de notre fils (né un premier janvier, l’ambulance n’a pas eu le temps d’arriver à la maison, et je me suis occupé de l’accouchement à la maison)
        Nous habitons en Belgique, dans le sud de la province du Luxembourg, pas très loin du Grand-Duché du Luxembourd et de la frontière française (08).
        C’était à Arlon que nous allions voir la neuropédiatre qui suivait Christian, mais depuis cette histoire, dès que j’ai pu gérer moi-même son suivi, je me déplaçais jusqu’au centre neurologique William Lennox à Ottignies (entre Namur et Bruxelles), et nous avons reçu son diagnostique d’autisme au CRA de Liège, alors qu’il avait 8 ans et 9 mois… Que de temps perdu alors que j’avais, au plus profond de moi, déjà ce diagnostique depuis ses deux ans. Lorsque nous avons eu celui du CRAL, j’ai ressenti comme un soulagement, comme si j’étais heureux qu’enfin, le corps médical aie le même avis que moi, comme une impression d’avoir été enfin entendu, et même écouté, cela m’a même reboosté de « travailler » plus encore avec lui pour l’aider à grandir.
        La Belgique a aussi 30, voire 40 ans de retard, concernant l’autisme, par rapport aux USA et au Canada. Je suis toujours en contact avec des familles du Canada, et avec d’autres parents de Belgique, nous avions même organisé une formation ABA, avec une formatrice de Paris, afin de nous former à cette technique qui fonctionne outre-Atlantique mais qui n’est pas reconnue en Belgique. Petit à petit, un pas après l’autre, nous avançons, nous avons encore du chemin à faire avec notre fils, et heureusement que l’on n’a pas attendu que les politiques fassent bouger les choses, car la Belgique, tout comme la France, a été condamnée par l’Europe pour le non-respect des droits de la personne handicapée, mais rien ne change …

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  3. Waouhhh que de rebondissement, je vois chaque jours que les choses ne changent pas. Je suis AESH depuis 7 ans et des bêtises sur le sujet j’en ai entendu même encore maintenant je me forme via Autisme 49 avec des gens compétents et des parents qui sont les premiers professionnels de leurs enfants. Sauf que dans l’éducation nationale c’est autre chose nous en sommes encore à « il n’est pas autiste, il est malade mental » ou « la cause de l’autisme est liée à la maternante » Se battre contre des moulins à vents c’est épuisant mais je me dis qu’à force les mentalités changeront et que nous auront enfin une vraie prise en charge de ces enfants particulier. La surmédicamentation aussi est un réelle soucis je parlais avec une maman dernièrement qui me disait que les psychotrop n’avait ps fait l’effet escompté !! Non mais sans blague des études ont été faite sur le sujet et on le sait maintenant que la molécule A qui fonctionne de telle manière avec les neurotypique ne fonctionne pas comme cela avec les TED !! Pfff allons ne pas se décourager et se dire qu’un jour cela va changer. Bravo pour votre article et votre courage ♥

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  4. J’ai travaillé avec un autiste profond. Grand et costaud, qui se tapait violemment. Il ne parlait pas mais comprenait très bien quand il avait fait une bêtise. Le fait de ne pas parler ne veut pas dire qu’il ne peuvent pas communiquer il faut juste trouver la manière. Je connais quelqu’un directeur de centre de vacances qui m’a raconté comment un autiste profond était venu vers lui un jour en lui demandant s’il le reconnaissait. Mon ami ne s’en souvenait plus. Alors il s’est mis à grimacer comme quand ils se sont connus, et là il l’a reconnu directement. Il était sorti de son état autistique et s’occupait maintenant de personnes autistes pour les accompagner. La vie réserve bien des surprises, il ne faut pas faire de généralités. Mon fils vient d’être diagnostiqué avec le syndrôme d’asperger (autisme haut niveau) j’ai appris que je l’étais aussi à 38 ans et je ne me suis jamais senti aussi bien. Je connais maintenant mes forces et mes faiblesses. Ne jamais considérer la situation comme désespérée, chaque cas est différent.

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  5. Ca fait plaisir de lire que votre fils va bien, que sa vie se bâtit dans le bonheur 🙂
    Que votre article (formidable !) réveille de mauvais souvenirs ! Ici, on a fait le choix du diagnostic comme un bouclier, un espoir d’aide… Pas de bol, on vit en Basse-Normandie, l’aide a été inexistante et l’est toujours, contre-aidante même, et non, les décennies n’ont pas passé partout, ici il n’existe AUCUN pro digne de ce nom (ni en orthophonie, ni en psy, ni en scolaire, etc.), le CRA est une caricature d’incompétences, dans le libéral on ne peut que courir d’un lacanien à un freudien, au milieu de comportementalistes conformistes jusqu’à l’aveuglement incapables d’adaptations individuelles au point de briser des années de progrès, tous ces gens sont des nuisibles, on a lâché tout le monde, 100% seuls. Ca pourrait se résumer en musique : non non rien n’a changé, tout tout a continué-é-é…
    Alors à la fois ça fait du bien et ça pique un peu de lire votre témoignage si bien rédigé !

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    1. Certainement. Et mon témoignage remonte à plusieurs décennies aussi. Je pense que si ce genre de chose se produit encore, d’après d’autres témoignages que je lis parfois, ce sont quand même des comportements qui se font de plus en plus rares chez les intervenants.

      Mais avec l’actualité, qui relate des faits terribles concernant des enfants encore retirés à leur famille « pour cause d’autisme », et ces diagnostics aberrants de « syndrome de Münchhausen par procuration » (dont on sait que ce syndrome n’existe pas car il n’était qu’une affabulation d’un médecin anglais qui a depuis perdu son droit d’exercer), on peut vraiment se questionner sur l’évolution de la connaissance de l’autisme chez les soi-disant spécialistes chargés de s’occuper des enfants à fonctionnements particuliers.

      Quand je lis l’actualité, j’ai l’impression de replonger trente ans en arrière. Mais je ne doute pas qu’il existe des intervenants intègres, avertis, bienveillants et soucieux de se former des avancées de la recherche au cours de leur carrière.

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  6. Bonsoir, je viens de lire votre poste. je suis en formation d’éducatrice spécialisée, en dernière année, et je chiale en lisant vos commentaires. A vous parents, même si cela peut être dur, je vous invite a intervenir pour témoigner dans les écoles de travailleurs sociaux. Et soyons fous! pourquoi pas à la fac de médecine???

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    1. Oui, c’est important que les parents témoignent le plus possible. Pour ma part, c’est un peu périmé car cette histoire s’est passée il y a près de trente ans maintenant. Mais en parcourant le web et lisant d’autres témoignages, je constate qu’il en va encore ainsi bien souvent. Je parle pour la France, bien sûr.

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  7. Bonjour, je suis expatriée en Algérie et en cours de diagnostique d’autisme pour mon dernier loulou. Et évidemment la question se pose, à savoir rentrons nous en France afin de l’aider du mieux que nous le puissions… ??? mais au fur et à mesure que je lis certains témoignage effrayants, je me demande si un retour serait judicieux o_O ….
    Merci en tout cas pour votre partage.
    Cordialement
    stéphanie

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  8. Aberrant qu’une équipe de soi-disant pro puisse casser le moral d’une famille entière voire même la fracasser dans un deuil inutile par un diagnostic culpabilisant la mère (mais jamais le père ? )J’espère que nos jours on a progressé dans la façon d’annoncer l’autisme à une famille car l’enfant dont il est question à presque 30 ans. De plus cet enfant là ne l’était pas donc que d’angoisse qui aurait pu être évitée !

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    1. En fait, il cumulait les deux. Mais il valait mieux ne tenir compte que de la surdité, pour lui éviter les horreurs réservées aux autistes en France. Le fait que le diagnostic d’autisme ait été caché (nié) par l’orthophoniste, a permis de fournir à mon fils une éducation, et donc d’apprendre à mieux gérer ses symptômes autistiques.

      En France, 80% des enfants autistes ne vont pas à l’école. En Italie : près de 90% des enfants autistes VONT à l’école et sont intégrés à la vie de la société comme n’importe quels enfants. Cherchez l’erreur…

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      1. Je fais la même chose aujourd’hui…. mon fils a eu exactement le même début de parcours que le vôtre à moi aussi on a dit de faire le deuil et qu’il ne parlerait jamais et on m’avait dit de ne surtout pas envisager de le scolariser…. Sam à 14 ans il est autiste de haut potentiel et à de multiples troubles dys et comme vous vous avez préféré évoquer la surdité moi j’évoque les nombreux troubles dys en occultant le plus possible l’autisme car malheureusement aujourd’hui encore pour beaucoup de gens l’autisme fait peur et est une maladie mentale due à la mère ….
        j’aime beaucoup votre témoignage car j’y retrouve beaucoup de mon histoire avec mes enfants (Sam à une petite soeur elle aussi atypique ) et parce que lire que votre fils à aujourd’hui 28 ans , un travail, une compagne et est autonome me donne du courage et de l’espoir pour le mien. MERCI

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  9. J’adore votre témoignage ; il me rappelle la conclusion de la pédopsy qui a diagnostiqué mon fils à l’âge de 3 ans : « si vous avez de la chance, il ira jusqu’au CP ». Mouah ah ah ah ah, il est en CM1 et plus épanoui que jamais. Pourquoi ? parce que j’ai décidé qu’il serait HEUREUX qu’il soit vert, jaune, bleu, autiste, ou pas. Et il est plus heureux qu’autiste. On est juste obligé de se bagarrer contre les idiots qui tentent le lavage de cerveau en lui disant : tu es handicapé à vie et à qui il répond : pas du tout, je suis de moins en moins autiste et quand je serai adulte, je serai presque plus autiste. Le problème dans la vie, c’est la bêtise humaine, rien d’autre.

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    1. J ai gardé un Ptit garçon autiste il avait 3 ans et on lui accordait pas un brillant avenir.. au début ce fut un peu dur je l avoue..il M a fait grimacer des fois…aujourd’hui Victor est en 6eme il me parle en me regardant droit dans les yeux et ses notes sont exellentes. Bravo mon genie. .

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  10. Très beau témoignage ! J’espère que ma princesse s’en sortira comme votre fils. Très difficile d’encaisser le diagnostic et l’étiquette qui se collent à votre enfant et qui font perdre le peu d’insouciance qui nous restait …..

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  11. Une histoire classique symptomatique du niveau des « sachants » de l’autisme en France avec le classique coup des tueurs d’espoirs : surtout ne lui apprenez rien nous on a besoin qu’il végète pour faire du fric sans trop se fatiguer.

    Combien de parents se sont fait avoir ?

    Les tueurs d’espoirs sévissent aussi dans les associations dites représentatives qui malheureusement ne représentent bien souvent que les intérêts économiques de certaines institutions.

    Tant que la CPAM n’enverra pas la facturation détaillée des services « effectués » par les CMPP/CAMSP aux parents, ce type de système perdurera car si on regarde les services réellement rendus vs les coûts, on comprend vite d’où vient la dérive.

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    1. Bravo ! Voilà un témoignage présentant bien la réalité !! Notre fils voit de temps en en temps la pédopsychiatre du CMP, histoire de rassurer tout le monde… Moi j’y vais surtout pour les certificats médicaux et ordonnances ! Point final ! Nous voyons que c’est surtout avec nous, ses parents, qu’il progresse ! Donc attention aux personnes qui se disent spécialisées ! Nous avons fait le tour de la question et je crois qu’on est jamais aussi bien servi que par soi-même !

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      1. Je pense avoir réussi à remettre le bouton Facebook. Espérons qu’il ne s’envolera pas de nouveau 😉

        Pas de souci pour le partage. C’est pour permettre cela que je n’ai pas créé ce blog sous mon identité réelle : pour avoir la paix tout en témoignant sur les abus de pouvoir des professionnels censés aider les personnes autistes de tous âges et de tous sexes.

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  12. J’ai un fils autiste de 25 ans et bien entendu, j’ai reconnu beaucoup de notre expérience (ma femme, moi, notre fils et notre fille sans handicap). J’ai ressenti la même révolte envers ces « spécialistes » et autres dangereux spécimen supposés nous aider. J’espère d’ailleurs bientôt pouvoir réaliser un téléfilm sur ce sujet.

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  13. A reblogué ceci sur Irma Zoulaneet a ajouté:
    À lire, à lire!
    Un «spécialiste» vous fait un bilan catastrophique sur votre enfant?
    L’amour et le bon sens, l’amour, le bon sens. Toujours.
    Bilan d’une vie autiste émergente, dans le contexte français.
    À noter que tous les autistes ne sont pas surdoués… mais ils ont tous un potentiel, des besoin relationnels -à leur manière- et surtout, besoin d’amour et de bon sens 😉

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  14. Il en faut du temps, pour admettre les choses telles qu’elles sont, sortir du déni, faire ressurgir les souvenirs, puis oser parler… Et même sous pseudonyme pour préserver l’anonymat, on se sent comme à découvert, sans armure protectrice, à la merci d’éventuelles représailles de la part de ceux qu’on dénonce.

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