Un diagnostic à 57 ans, ça suppose quelques valoches à poser…

scaphandre-lourd

Après des années de galères diverses pour accéder à une évaluation, plusieurs décennies d’errance avec diagnostics erronés, une vie entière d’épreuves successives et jugements iniques, un diagnostic de TSA m’a été confirmé et notifié fin 2017.

« Blandine Messager » est un pseudonyme dont l’unique fonction fut de me préserver durant deux ans. J’ai dévoilé mon identité ici durant quelques mois ; certains savent donc qui je suis, c’est bien ainsi. Mais je préfère la masquer de nouveau, au moins sur cette page, pour éviter toute stigmatisation : mon identité ne se limite pas à mon autisme et si je suis intrinsèquement dans ce spectre, ou si ce spectre est constitutif de mon être, ma personnalité s’étend dans, au travers et au delà de ce spectre.

Les curieux trouveront bien, car je ne me cache pas vraiment, mais je ne veux pas non plus faire de ma condition neurologique un étendard pour me faire valoir, un permis de sermonner les maladroits qui emploient le mot « autiste » à tort et à travers, ni un prétexte à me poser en victime.

Pardon pour les gros mots car je sais que d’aucuns vont grincer… mais l’autisme, ou du moins le mien, ne constitue pas à mon sens un permis de faire chier. Et dans ma pensée, il en va de même pour le fait d’appartenir à quelque catégorie humaine que ce soit, comme le fait d’être une femme, par exemple. Je sens déjà que ça ne va pas plaire, mais je crois qu’il est temps de cesser de s’autocensurer par les temps qui courent : les terroristes de la bien-pensance, communautaristes intersectionnels, usagers béats de l’écriture inEXclusive et de la langue de bois empoisonnent les réseaux, verrouillent les débats, l’authenticité des échanges, convaincus d’être dans le camp du bien, versus ceux qui sont dans le camp du mal, bien sûr ! On « perroquète » des formes nouvelles sans réfléchir au sens ni aux conséquences.

Il faut atterrir et renouer avec la sémantique : les mots ont un sens qu’on essaie de nous faire perdre, dans ce psittacisme endémique consistant à reprendre des formules toutes faites sans réfléchir à leur sens, ou plutôt à leur non-sens.

… Et quand on veut défendre une cause, il serait plus efficace de tendre vers plus de rigueur intellectuelle, d’employer les mots justes, que de s’encanailler dans l’usage de formules ronflantes, creuses, qui n’ont de fascinantes que leur nouveauté.

On n’efface pas en dix ans ce qui s’est construit sur des millénaires, on ne balaie pas non plus en deux ans de zèle destructeur ce que nos mères et grand-mères ont gagné de haute lutte, quand bien même le résultat est imparfait : le temps est un facteur incontournable. À s’obstiner à le nier, il saura bien se rappeler à notre mémoire par retour de balancier. Car c’est ainsi qu’avance l’histoire : par cycles. Notre époque est arrogante : elle se croit supérieure aux précédentes. C’est à croire que les leçons du passé n’ont pas été intégrées. Notre époque a la mémoire courte, aussi.

C’est toujours compliqué de communiquer correctement, à la croisée du réel et des subjectivités propres aux humains : ma subjectivité qui s’exprime et celle des autres qui reçoivent, interprètent et renvoient, chacun selon sa propre herméneutique. Il arrive ainsi que des effets indésirables ou imprévus surgissent.

En fouinant dans les articles, vous verrez qu’il y a du bon et du moins bon, de l’obsolète et de l’actualisé, du peaufiné et de l’inachevé, du cool et du rageur, de l’humour et de la tristesse, de l’information et du lyrisme, du baratin et des images, de l’autobiographique et du général, de l’expérience et de la découverte… Bref : des trucs.

 

 

Cette page a été mise à jour le 16 septembre 2018.

© « Blandine Messager » – 2018
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